BOJARSKI et ses trois types de faux billets

Czeslaw BOJARSKI Faussaire de billets

Czeslaw BOJARSKI Faussaire de billets

BOJARSKI et ses trois types de faux billets

Les procédés de fabrication et d’écoulement de ses trois types de faux, les billets de 1000 Francs Minerve et Hercule, de 5000 Francs Terre et Mer et du 100 Nouveaux Francs Bonaparte.

Czeslaw BOJARSKI, s’est livré à la contrefaçon de trois coupures différentes : le billet de 1000 Francs Type 1945, le billet de 5000 Francs Type 1949 et enfin le 100 Nouveaux Francs Type 1959.

Billet de 1000 Francs Minerve et Hercule Type 1945

Concernant le billet de 1000 Francs Minerve et Hercule Type 1945, c’est vers la fin de l’année 1949 que BOJARSKI conçu l’idée de fabriquer ces faux billets de 1000 francs à fond bleu dont la contrefaçon devait recevoir des services de la Banque de France la dénomination « C6 ».

Le faussaire était alors installé dans son pavillon de Bobigny ou une grande pièce du premier étage, entièrement inoccupé, lui servait d’atelier. Il y travaillait surtout la nuit, du moins pour effectuer les opérations compromettantes, afin de ne pas éveiller, a-t-il prétendu, l’attention de sa femme.

Le matériel dont il disposait étaient assez rudimentaires. Il fabriquait lui-même sa pâte à papier à l’aide d’une machine de son invention en utilisant du papier à cigarettes de marque au Odet Cascadec Bolloré (O.C.B.) et du papier calque dans des proportions bien définies. Ayant découvert un jour chez un brocanteur, un vieux bidet en zinc monté sur un châssis de bois, qui rappelait en miniature la forme des cuves servant à la fabrication de la pâte à papier, il y coule du ciment pour le cloisonner et lui donner une pente suffisante et l’équipe d’un tambour actionné par un petit moteur électrique. Avec ce matériel, qu’il compléta en achetant un mixeur de ménagères de marque TURMIX, il réussit à obtenir, après de multiples essais, une centaine de feuilles de papier utilisables.

Pour procéder au filigrane, effectué lors de l’égouttage, il se servait d’une toile métallique très fine dans laquelle se trouvait embouti un motif de filigrane. Le « vergé » était obtenu par le chauffage de la feuille entre du tissu et une grille.

Quant à la fabrication des clichés, elle requit plusieurs mois d’efforts et nécessita la confection de trois plaques pour le recto (alors que les spécialistes en utilisent quatre) et de quatre plaques pour le verso, en fonction des couleurs à reproduire. Chacune de ces plaques étaient constituées par une feuille de plexiglas de neuf dixième ; BOJARSKI plaçait celle-ci sur un billet authentique et, se servant d’une petite jumelle ZEISS qu’il avait transformée en loupe binoculaire, il y gravait par transparence, à l’aide d’un petit burin, tous les traits de chaque couleur sélectionnée. En guise de burin, il utilisait un bout d’aiguille d’acier insérée dans un support en plexiglas, lui-même monté dans un cadre en bois de 15 millimètres d’épaisseur ; tenant ce cadre ce cadre des deux mains, il pouvait ainsi graver sans trembler. Il garnissait ensuite d’encre noire les traits gravés dans le plexiglas et effectuait alors les opérations de report photographique, pour cela il procédait par photogravure sans l’aide d’appareil photographique : utilisant un point lumineux fourni par une lampe de poche, il effectuait un renversement d’image sur des plaques photographiques au collodion. À l’aide du négatif ainsi obtenu, il procédait par les méthodes classiques, à une photogravure chimique sur une plaque de zinc, c’est-à-dire qu’il revêtait cette plaque à l’aide d’une tournette, d’une couche de colle émail bichromatée. La photogravure proprement dite se faisait ensuite par la projection lumineuse d’une lampe à arc. La plaque se trouvait alors terminée et il n’y avait plus qu’à effectuer des corrections à la main.

Les numéros, les dates et les lettres de série étaient confectionnés de la même manière, par la méthode de photogravure.

Pour l’impression, le faussaire se servait d’une petite presse à main entièrement fabriquée par lui, et utilisait les encres du commerce. Il procédait couleur par couleur, le billet à imprimer étant placé dans un cadre en plexiglas qu’il avait lui-même confectionné. Il n’effectuait ensuite pas d’opération d’encollage mais « vieillissait » les billets en utilisant un petit tambour dans lequel il mettait des rognures de peau de chamois.

Il mit sa première fausse coupure de 1000 Francs Minerve et Hercule en circulation à la Noël 1950.

Billet de 5000 Francs Type 1949 Terre et Mer

Pour la coupure de 5000 Francs Terre et Mer Type 1949, c’est vers le début de l’année 1957 que BOJARSKI commença les premières opérations de fabrication de faux billets de 5000 Francs Terre et Mer. Habitant toujours dans son pavillon de Bobigny, il avait installé en 1954 en atelier au fond de son jardin, dans lequel il se livrait à des recherches pour déposer des brevets d’invention. Cet atelier était aménagé d’une façon très complète en outillage et comprenait notamment la machine universelle qui lui avait été cédée par un ingénieur pour le compte duquel il travaillait alors Monsieur KATZ. C’est dans ce local, relié au pavillon par une sonnette électrique et un téléphone afin d’éviter tout dérangement intempestif, que BOJARSKI effectua, toujours seul comme pour le billet de 1000 francs, toutes les opérations de contrefaçon du billet de 5000 francs.

La pâte à papier était confectionnée de la même manière que celle utilisée pour la précédente contrefaçon, ainsi d’ailleurs que le « vergé », mais pour le filigrane, il mit au point un appareil semi-automatique pourvu d’un système circulatoire d’aspiration et de vibration.

La fabrication des clichés lui demanda, cette fois encore, plusieurs mois. Il dut, en effet, confectionner cinq clichés pour l’impression typographique du recto et quatre pour le verso, plus un cliché de taille-douce. Pour les obtenir, il n’eut plus recours à la photogravure mais il exécuta directement, à l’aide d’une fraise de dentiste, la gravure des plaques de zinc grâce à un appareil de report d’images, qu’il avait personnellement mis au point et dont il devait également se servir pour les billets de 100 NF (nouveaux francs).

Utilisant les mêmes lettres et les mêmes numéros de séries que ceux du billet de 1000 francs, il n’eut à en confectionner d’autres.

Pour l’impression en typographie, il procédait à l’aide de la petite presse à main déjà utilisé pour les billets de 1000 francs, tandis que pour l’impression en taille-douce, il se servait d’une presse achetée chez un brocanteur de banlieue vers 1954 pour les travaux d’emboutissage nécessités par ses recherches d’invention. Il imprimait chaque couleur l’une après l’autre, par superposition employant les encres « LORRILLEUX & Cie » série lustrales, qu’il mélangeait au préalable afin de retrouver la couleur exacte.

Encre LORILLEUX utilisée par BOJARSKI pour le faux monnayage

Usine des Encres LORILLEUX utilisées par BOJARSKI pour le faux monnayage

Toutes les fausses coupures de 5000 francs firent l’objet d’un vieillissement fictif, comme pour les billets de 1000 francs, et subirent en plus un encollage.

La première émission de ces fausses coupures fut effectuée à la Pentecôte 1958.

Billet de 100 Nouveaux Francs Bonaparte Type 1959

L’idée est venue à BOJARSKI de fabriquer des faux billets de 100 Nouveaux Francs Bonaparte Type 1959 quelques mois après son installation, en septembre 1960, dans la villa qu’il venait de faire construire au 33, avenue de Sénart à Montgeron. Il entreprit alors de monter une officine dans une cave (ancien puisard, qu’il avait au préalable secrètement asséché) situé sous son atelier et séparé de celui-ci par une trappe soigneusement dissimulée. À cette fin, il installa seul, tout le matériel et toutes les machines nécessaires et après plusieurs mois de montage, il commença ses premiers essais de fabrication à la fin de l’année 1961.

D’une façon générale, le processus de fabrication rappelé ci-dessous, était le même que celui des billets de 5000 Francs Terre et Mer, mais des perfectionnements y furent apportés :

  • Fabrication de la pâte à papier par mélange bien défini de papier à cigarette et de papier calque d’un certain poids, égouttage, filigrane et verger ;
  • Gravure typographique de huit plaques de zinc correspondant aux quatre couleurs recto et aux quatre couleurs verso, puis gravure en taille-douce d’une plaque de cuivre, toutes ces gravures étant réalisée à l’aide d’un appareil de report d’image, qu’il avait mis au point et qu’il perfectionnait sans cesse ;
  • Confection en typographie des numéros et des lettres ;
  • Chromage de la plaque de taille-douce ;
  • Préparation des encres par mélange, dont un mélange de son invention pour l’impression en taille-douce ;
  • Découpage au massicot des coupures vierges ;
  • Impression des feuilles couleur par couleur et par superposition, pour le recto et pour le verso ;
  • Encollage et enfin vieillissement.

L’émission de ces premières fausses coupures eu lieu en novembre 1962.

BOJARSKI a affirmé avoir procédé entièrement seul à l’ensemble de ces contrefaçons. Comme la qualité exceptionnelle des fausses coupures autorisait un doute à cet égard, des reconstitutions furent pratiquées, dans l’atelier du faussaire, en présence des experts désignés : Monsieur le Professeur CECCALDI et Monsieur COGNIARD, et des techniciens de la banque, partie civile. Ces reconstitutions, au nombre de quatorze, échelonnées, entre le 17 février et le 18 juillet 1964, permirent d’acquérir la conviction que l’accusé avait effectivement été capable de réaliser seul les différentes opérations particulièrement complexes de la fabrication.

BOJARSKI a déclaré que la gravure des clichés, compte tenu des rectifications et des interruptions nécessités par son état de santé, lui avait demandé près d’un an. Cette assertion a été confirmée par les experts qui ont souligné que l’opération de gravure « la plus délicate de toutes, extrêmement lente et fine », nécessitait, d’après leurs estimations, pour une personne entraînée, une durée de travail ininterrompu d’au moins un mois pour chacun des neufs clichés.

Dans le rapport, déposé le 3 décembre 1964, les experts ont souligné que « ces billets, tous d’une même fabrication, constituaient une trompeuse contrefaçon particulièrement dangereuse en raison de sa qualité ». Ils ont ajouté qu’ils estimaient BOJARSKI parfaitement capable, grâce à son habilité, d’avoir mené seule à son terme, avec le matériel très particulier dont il disposait, la fabrication des 3872 faux billets saisis et soumis à leur expertise.

L’ÉCOULEMENT DES FAUX BILLETS DE LA BANQUE DE FRANCE

Pour l’écoulement, le faussaire a sensiblement procédé de la même manière pour les trois types de faux billets, sous réserve de l’intervention déjà signalé des deux complices DOWGIERD et CHOUVALOFF pour la mise en circulation des coupures apocryphe de 100 NF BONAPARTE.

BOJARSKI eut toujours pour habitude d’écouler ces faux billets un part un, principalement à Paris et à Lyon où il se rendait exprès, ainsi que dans les régions où il passait ses vacances : Côte d’Azur, Dauphiné, Savoie …

Le faussaire les échangeait à l’occasion d’achat d’articles les plus divers et d’un faible montant, choisissant de préférence les magasins où il y avait peu de monde. Il ne conservait qu’un minimum d’objets ainsi acheté et abandonnait les autres dans les égouts ou sur la voie publique. Il consacrait un minimum de 15 jours par mois à ces opérations.

En ce qui concerne plus particulièrement les fausses coupures de 100 Nouveaux Francs Bonaparte, BOJARSKI a déclaré qu’il en échangeait ainsi une soixantaine par jour, les consacrant à des achats d’un montant de 20 francs ou 30 francs. Avec la monnaie qui lui était rendu, il souscrivait systématiquement des bons du Trésor a intérêt progressif dans les bureaux de poste de Paris ou de province.

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